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Denis Bovard, l’héritier qui se pose des questions

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Le jeune vigneron a repris le domaine familial à Treytorrens. Mais cela ne l’empêche pas de sortir du moule.

Denis Bovard détonne dans le paysage viticole de Lavaux. Le dernier des quatre garçons de la Maison jaune a suivi les traces de son père Antoine presque par hasard. Si son aîné Louis-Charles est devenu vigneron, l’amour l’a fait déménager dans le Vully auprès de sa femme Marylène Chervet. Ses frères Gilles et Lucien ont renoncé au métier. Denis, lui, a commencé par une voie plus commerciale, avec maturité professionnelle à la clé puis une formation dans le marketing. Après son service civil, Denis a donné un coup de main à son père, en organisant des dégustations ou en faisant sa comptabilité. « Et puis un jour, je me suis dit que j’aimais bien le vin, que je pourrais gérer un ensemble et faire qu’il fonctionne bien de A à Z. » Le jeune homme fait son apprentissage de vigneron a 25 ans avant de devenir le locataire du domaine de son père. Ce dernier a été longtemps lié à son frère Louis-Philippe qui avait repris la cave familiale, à qui il livrait près de 90% de sa récolte. « Nous avons commencé à faire davantage nos propres vins, en vendant ce dont nous n’avions pas besoin à mon oncle. » Ce qui a plutôt réussi puisque son Calamin 2015 avait terminé premier au Grand Prix du vin suisse.

Le passionné de jazz et de musique classique –  trompettiste à ses heures – a vécu quelques années difficiles financièrement, où il était davantage dans les papiers que dans les vignes. « Cela ne me nourrissait plus forcément et je n’avais plus de temps pour mes autres intérêts. J’ai commencé à vouloir m’occuper davantage de moi », explique celui qui s’est mis à se préoccuper de son alimentation, à s’intéresser à la phytothérapie, à scruter ses tantras, à chercher quelque chose qui lui donne de l’équilibre. Celui qui avait appris le russe avant d’aller passer trois mois en Russie envisage de faire un break l’an prochain pour aller voir ailleurs. « J’ai besoin de retrouver le travail de plein air, de ne plus être patron.Je fais un gros travail sur mes émotions, pour qu’elles redeviennent ma boussole interne. »

A 33 ans, c’est l’heure de la grande remise en question. « J’ai sans doute cherché à faire plaisir à mon père – qui ne me le demandait pas. Il est temps que je dise plus clairement ce qui me va et ce qui ne me va pas. »

Article paru dans "Animan" de mai 2019, spécial Fête des vignerons

Lien permanent Catégories : Portrait, Vins 0 commentaire

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