La scène ne peut être qu'authentique tant elle est courante. C'est l'histoire d'une famille (ou d'un célibataire, ou d'une femme qui drague l'homme de sa vie). Ca se passe au restaurant. La pièce, jusque là, a marché comme sur des roulettes. L'Acte I (L'Apéro) était très bien. L'Acte II (L'Entrée) a mis le spectateur en bouche. L'Acte III (Le Plat) était fort bien interprété. Et, brusquement, au tout début de l'Acte IV, c'est le couac, le bide. Rappelez-vous: notre héros demande d'un ton poli la carte des desserts et le garçon, la bouche en cul-de-poule, lui tend un dépliant aussi glacé que son contenu: des photos représentant des coupes aussi frileuses qu'un Suisse face à l'Europe. Du café glacé au banana split, de l'igloo à la "coupe maison", tout est d'une banalité telle que le héros, d'un ton légèrement irrité, précise: "Pardon, Monsieur, j'avais demandé la carte des DESSERTS."
Manque de chance, l'accessoiriste, comme souvent, a eu un réflexe pavlovien. Alors que le client pensait mousse au chocolat, tarte aux mûres ou salade de fruits, lui n'imagine que quelques boules industrielles, décorées de fruits extraits d'une boîte quelconque et nappées d'une crème dite fouettée. Bien sûr, garder en cuisine quelques bacs dans un congélateur est des plus avantageux: conservation maximale, coûts minimaux et nul besoin de savoir-faire.
Pourtant, une tarte au citron, c'est pas compliqué. Tenez, prenez celle de Girardet, Fredy, anciennement cuisinier à Crissier, Suisse. D'abord la pâte: pour deux portions, mélangez 500 g de farine, 300 g de beurre, 150 g de sucre, 1 oeuf entier, 1 jaune d'oeuf et une pincée de sel, puis laissez reposer. Vous en étendez ensuite la moitié (avec peine il est vrai, mais c'est si bon de se lécher les doigts...) dans un moule, vous couvrez d'alu et de haricots secs, et vous faites cuire à blanc 25 minutes à 250 degrés.
Ensuite, vous battez 3 oeufs, 1 jaune d'oeuf, le jus de trois citrons et d'une orange, 1,5 dl de crème et 150 g de sucre. Vous en emplissez le fond de votre tarte (faites-le dans le four, sinon c'est impossible à transporter) et vous faites cuire trente minutes à 180 degrés, porte entrouverte.
Franchement, pourquoi s'en priver?



Encore invité dernièrement chez une amie suédoise pour un buffet typique de chez eux, j'ai pu à nouveau me conforter dans l'idée que nos amis du Nord avaient de drôles de mariages de goût, particulièrement dans le sucré-salé. Comment qualifié du fromage bleu roulé dans des miettes de biscuits? Des pâtes aux framboises séchées? A part, ça, les Suédois sont assez bons... pour fabriquer des meubles, non?
Il y a autant de fromages hollandais que de fromages français, prétend la légende (ou la publicité). Mais que font donc les Bataves à part des fromages et des tulipes. Des plats qui font un peu penser à la cuisine belge ou allemande. Dame, il fait plutôt froid en Hollande l'hiver et il faut bien se réchauffer...
Qui connaît la gastronomie croate dans votre entourage? Personne? Il est vrai que souvent ces cuisines des Balkans se ressemblent et que plusieurs pays se disputent la paternité de telle ou telle recette. En voici deux, à ma maigre connaissance.
Honneur aujourd'hui à l'autre pays organisateur, l'Autriche, qui ouvrira les feux du groupe 2 le 8 juin contre la Croatie. Bien sûr, le pays est davantage réputé pour ses pâtisseries que pour sa gastronomie. Qu'importe, voici deux recettes.
Après les 